Osiris
L'origine du nom d'Osiris est mal définie. Dans sa forme première (1) (Textes des Pyramides), le nom est composé de deux hiéroglyphes : un trône (st) surmontant l'oeil oudjat (jr) du dieu Horus. Le trône est un symbole de royauté. Il signifie également "la place", "l'endroit". L'oeil d'Horus est un symbole solaire. Il représente l’œil de Rê. Il est également le symbole de l'intégrité physique, de la voyance et de la fécondité. C'est aussi l'idéogramme du verbe "faire".
La valeur phonétique du nom d'Osiris se prononce Wsjr. Différentes étymologies sont proposées, voici certaines d'entre elles :
- L'origine du nom est étrangère. La racine sémitique Wsjr est similaire à celle du dieu assyrien Ashour ou du dieu babylonien Asar (une forme du dieu syrien Mardouk).
-Wsjr signifie "La résidence du soleil". Il est composé en partie des valeurs phonétiques s(t) et jr. L'oeil oudjat désigne ici le soleil. Osiris serait initialement un dieu solaire.
- Wsjr signifie "celui qui a pris son trône" ou "celui qui a fait son trône". Osiris est le premier roi d'Egypte.
- Wsjr signifie "celui qui est vieux" si on le rapproche de la racine berbère Wsr. Sa royauté remonte aux temps primordiaux.
- Wsjr signifie "La place de la création". Osiris incarne à l'origine les puissances de la terre et de la végétation et L'Egypte est la butte primordiale, le pays fertile où la vie est apparue.
- Wsjr signifie "La place de l'oeil".
Nom Grec/Romain : Osiris/Dionysos
Iconographie : Selon Griffith (1980), les textes de l'Ancien Empire paraissent monter qu'à l'origine, Osiris avait un aspect canin.
Il est représenté généralement sous la forme d'un homme momifié et envellopé dans un linceul, d'où seules les mains sortent, tenant le flagellum et le sceptre Hékat. Sur la tête, il porte la couronne blanche de Haute-Egypte flanquée de deux plumes (couronne atef).Au Nouvel Empire, deur uraeus, le disque solaire et des cornes de bélier horizontales seront rejoutées. Il a la peau verte ou noire, car ce sont des couleurs qui symbolisent le renouveau et la renaissance.
Son culte va s'enrichir au fur et à mesure de son developpement à travers le pays. Il presentera plusieurs formes aupres de ceux qui lui rendent culte : on le verra tantot en tant que grain qu'il faudra enterrer pour que la moisson s'epanouisse, tantot en tant que Nil qui connait une nouvelle crue fertilisante, tantot en tant que lune, tantôt en tant que soleil qui réapparait apres la nuit.
La manifestation animale d'Osiris est très peu fréquente ; cependant, il peut apparaître sous la forme d'un crocodile, d'un taureau noir, d'un héron, d'un chacal, de deux faucons et d'un grand poisson.
Dans certains endroits, comme à Dejedou, il est représenté sous la forme du “pilier djed”, que l'on érigeait lors de ses fêtes.

Osiris présidant son Tribunal
Histoire : A l'origine, Osiris ne devait être qu'un dieu modeste incarnant vraisemblablement les puissances de la terre et de la végétation. Le cycle annuel de la végétation qui meurt sous les eaux de la crue du Nil puis renaît après la décrue du fleuve, symbolise l'idée de la résurrection. Cette conception funéraire appliquée à la personne d'Osiris fait le succès de la divinité. Son culte se répand sur toute l'Egypte au cours de l'Ancien Empire. La figure du dieu s'enrichit au fur et à mesure de son extension géographique. Osiris assimile les attributs des dieux qu'il remplace et ses conceptions funéraires éclipsent progressivement celles des autres cultes, notamment solaires.
Sa première représentation remonte à Vème dynastie V, bien que son culte puisse être antérieur, rattaché à une localité qui n'a pas encore été identifié ; dans cette première image il n'a pas l'aspect momiforme qu'il aquierera durant l'Ancien Empire.
Dès la Ve dynastie, dans les textes des pyramides, le pharaon est assimilé à un Osiris renaissant. Mais l'apothéose céleste que connaît le pharaon est difficilement accessible au commun des mortels. L'idée de s'identifier à une divinité qui a vaincu la mort et qui règne sur le monde souterrain de la nécropole est à la portée d'un plus grand nombre d'individu. Cette conception se développe à la fin de l'Ancien Empire et se généralise après les troubles politiques et les guerres civiles de la seconde Période Intermédiaire. Le doute et la peur s'installent et l'espoir que chacun puisse devenir un Osiris dans l'au-delà est une perspective réconfortante. L'idée de résurrection se "démocratise" et la personne d'Osiris tient désormais une place centrale dans les croyances funéraires égyptiennes. A partir du Moyen-Empire, tous les défunts seront des Osiris. A partir l'Ancien Empire, Osiris fut confondu avec Ra dans les textes funéraires, bien qu'il ait conservé sa prope personnalité.
Au Moyen Empire, les sarcophages se couvrent de textes funéraires (Textes des sarcophages) destinés à faciliter la vie du défunt après la mort. Les références osiriennes sont nombreuses et l'idée d'un jugement dernier, présidé par Osiris se développe.
Au Nouvel Empire, les Egyptiens placent dans les sarcophages des papyrus qui constituent un recueil de formules magiques destinées à aider le mort dans l'au-delà. Ces papyrus, abondamment illustrés, forment le "Livre des morts". Ils donnent une description de l'Amenty, le royaume d'Osiris. Les champs d'Ialou y forment une sorte de paradis où chaque défunt continue à mener une existence paisible comme sur terre. Mais le mort doit triompher au préalable de la psychostasie, la pesée des âmes, qui forme le jugement dernier.
Parallèlement à la diffusion du culte et à l'élaboration d'une théologie inclusive, une légende Osirienne se met en place, plus imagée et plus populaire. Cette légende est rapportée dans son ensemble par Plutarque (" Isis et Osiris ") car les textes égyptiens n'offrent que des épisodes incomplets.
Culte : Parallèlement aux rites funéraires, les fêtes religieuses en l'honneur d'Osiris étaient très populaires. Elles se tenaient en Abydos où chaque année on jouait une représentation de la légende osirienne. Une procession était organisée lors de laquelle Osiris sur sa barque massacrait ses adversaires. Plus à l'écart, des prêtres célébraient dans le secret des temples les "mystères" du dieu. C'est le dieu de la terre et de la végétation qui était honoré pendant ces cérémonies. Elles se tenaient au quatrième mois de la saison de l'inondation au moment où la décrue du Nil entraînait une nouvelle floraison. Cette renaissance végétale symbolisait la victoire de la vie sur la mort.
Les Egyptiens avaient l'habitude de façonner de petits moules d'argile humide à l'effigie du dieu Osiris, emplies de limon et contenant des graines d'orge. En effet, l'aspect végétal d'Osiris était symbolisé par l'orge, dont les grains étaient enterrés (sépulture), puis séjournaient sous la terre (l'au-delà) avant de germer (résurrection) Lorsque la germination avait lieu, elles formaient des statuettes de verdure que l'on plaçait à l'intérieur des tombes. Elles symbolisaient l'espoir en la résurrection à l'image de la vallée du Nil renaissante après la décrue. Ces moules étaient appelés "Osiris Végétants" et on les retrouve parfois, flétris, dans les tombes thébaines.
Fonctions et assimilations (qui lui donneront sa prope personnalité) : Osiris était le plus célèbre et le plus populaire des dieux. En effet, c'était celui que les Egyptiens adorèrent avec le plus de ferveurs, même quand d'autres dieux furent élevés au rang de divinités dynastiques (Râ, Amon, Aton, etc).
Le lieu de naissance du culte d'Osiris est difficile à établir. La couronne blanche que le dieu porte dans ses représentations au Moyen Empire indique que le dieu est originaire de Haute Egypte. Sa présence est attestée à Héliopolis et à Busiris au début de l'Ancien Empire alors que les Textes des pyramides associent fréquemment le dieu avec Abydos et la Haute Egypte.
Il était à l'origine un dieu incarnant les puissances de la terre et des plantes. Mais cette personnalité initiale et hypothétique, ne tarda pas à s'enrichir, au fur et à mesure que son culte s'étendait géographiquement, il hérita des fonctions des dieux qu'il éclipsait.
A Busiris, il fut associé à une divinité plus ancienne aux attributs royaux du nom d'Andjety et il devint un dieu-roi, souverain des temps primordiaux.
Au conflit qui l'opposa ensuite à Râ d'Héliopolis succéda un compromis, intégré à la grande ennéade il devint fils de Nout et de Geb, frère d'Isis, de Nephthys et de Seth, tandis qu'Horus, initialement dieu faucon de l'empyrée, se dédoublait pour devenir, sous son nouvel aspect, fils d'Osiris et d'Isis. Le clergé héliopolitain élabore peu à peu une théologie osirienne compatible avec celle du dieu Râ. Au Nouvel Empire, Osiris devient l'aspect nocturne du dieu Rê. Isis et Nephthys président au lever du soleil qui symbolise la résurrection d'Osiris.
Son passage à Memphis, et son assimilation à Sokaris, forme de puissance chthonienne déjà associée au dieu Ptah, accentuent les traits de sa légende relatifs. Les attributs chthoniens du dieu Sokaris facilite l'osmose, mais c'est surtout son caractère funéraire qui enrichie sa personnalité.
Cet aspect mortuaire se renforce lorsqu'il remplace à Abydos le dieu des nécropoles Khentamentiou à la fin de l'Ancien Empire. Cependant, selon Cervelló (1996), depuis le début, Khentamentiou ne serait pas plus qu'un “aspect” d'Osiris. A Abydos, Osiris assimilera la plupart des caractères funéraires du dieu Onouris.
Devenu maintenant dieu de l'au-delà et garant de la résurrection humaine, il se répand dans toute l'Égypte, supplantant finalement la religion solaire sur les terrains de l'au-delà.
Osiris incarnait la puissance régénératrice de la véhétation, la force fécondante de la terre ; dans un pays agricole comme l'Egypte, il n'éait donc pas étonnant qu'il occupe une place de premier plan.
Osiris était le symbole du Nil fertilisateur, qui apportait le limon ; tandis que Seth était le dieu du désert, stérile. Il est écrit dans le Papyrus Chester Beatty qu'"Osiris est celui qui fait croître le blé et l'orge".
Roi mort et couronné, Osiris personnifie l'essence divine de la royauté et la continuité du pouvoir. Il est l'expression de l'eternel retour des choses, symbole de la continuité il est le Dieu du recommencement.
On croyait également qu'il était le vent du Nord.
Pourvu d'une personnalité multiple, résumant ses conquêtes géographiques successives, Osiris règne donc sur l'au-delà : sa survie et sa résurrection, assurées par les pratiques d'embaumement, ont ouvert aux humains l'éternité d'un nouveau royaume. Assisté de quarante-deux juges, il preside la psychostasie. Première de toutes les momies, Osiris porte aussi le nom d'Ounen-Nefer "Celui qui est perpétuellement beau", protégé de la putréfaction. On l'appelait également "Prince des dieux de la Duat", car il était le dieu des Morts et de l'au-delà, mais aussi "Taureau de l'Occident", car l'au-delà est situé à l'ouest.
Très rarement, Osiris se présente comme une divinité hostile aux défunts, seulement dans les Textes des Pyramides (§534) et à certains passages des Textes des Sarcophages.
Dans un hymne du Nouvel Empire, on le décrit comme un dieu soutenant la terre et la crue du Nil est la transpiraction de ses membres.
Osiris faisait partie de la triade osirienne, il était l'époux d'Isis et le père de Horus. En dépit de ceci, il faut préciser que, bien qu'Osiris soit associé à Isis dans les Textes des Pyramides, à aucun moment on spécifie de manière explicite sa qualité de conjoint de cette déesse. Toutefois, il figure clairement comme père d'Horus.
Tout comme de nombreux dieux, Osiris connut diverses variantes locales (par exemple, Canope) ; il était l'une des divinités égyptiennes les plus importantes et se manifestait sous diverses formes. Rien que dans le Livre des Morts, on compte plus de cent dix formes du dieu, sans compter les divinités confondues avec lui.

Anubis embaumant Osiris
La légende osirienne (résumée) : Le mythe osirien nous est connu dans un récit de Plutarque. Premier enfant de Geb et de Nout, il épouse sa sœur Isis et reçoit de son père la terre d'Égypte alors que son frère Seth hérite des étendues désertiques. Seth, jaloux le tue et enferme son corps dans un coffre qu'il jette dans le Nil.
La suite donne lieu a donné lieu à plusieurs versions. Dans l'une d'elle le coffre échoue contre un arbre. Après de nombreuses péripéties, Isis qui le cherchait le retrouve.
Selon une autre version, le corps d'Osiris, coupé en morceaux est jeté dans le Nil. L'épisode du démembrement à une origine plus tardive et a permis de concilier toutes les cités qui se targuaient de posséder la tombe d'Osiris : ainsi à Philae, se trouvait une jambe du dieu, tandis que l'île située en face, Bigga, abritait le tombeau d'Osiris (sur lequel Isis renversait chaque dix jours du lait) , l'épaule gauche se trouvait à Letopolis ( Horus était le gardien de cette relique), à Busiris était enterré sa colonne vertébrale (pillier djed), et à Abydos, le site le plus important, se trouvait sa tête.
Selon un autre mythe, Isis rassemble les morceaux du corps du dieu et lui redonne la vie en agitant ses ailes ; elle en conçoit alors un fils, Horus, qui succède à son père. Anubis va assurer la conversation du corps d'Osiris par la momification et le faire ainsi renaître daans le royaume des morts, dont il devient le souverain.
A ce titre, il préside le tribunal, statuant sur le sort du défunt, ce qui lui vaut une vénération particulière. Ce mythe explique pourquoi le pharaon était considéré comme un Horus de son vivant, puis comme un Osiris après sa mort. Le mythe osirien renvoie également aux cycles solaires et lunaires.
Source : Nebetbastet
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